mercredi 14 novembre 2007

Lettre ouverte...

M. Le Maire,

Au nom du groupe « LE RENOUVEAU-LA LONDE », l’analyse de votre projet de P.L.U pour La Londe m‘amène à formuler plusieurs remarques :

- Tout d‘abord, il faut reconnaitre la qualité du travail effectué par le cabinet d’urbanisme sur l’étude et le relevé précis de l’état des lieux, tenant compte de toutes les spécificités de notre commune, avec une mention particulière pour l’étude paysagère et une évaluation précise de l’impact environnemental lié à la transformation de zones EBC en zones agricoles, délimitées selon une logique de suivis de courbes de niveau et non de tracés aléatoires. Néanmoins, l’orientation générale choisie dans la mise en place de ce P.L.U soulève la critique :

- En premier lieu, et c’est peut-être le point le plus essentiel, il faut noter le trop faible développement de zones artisanales. Il s’agit plus d’une régularisation de zones existantes que de la création de zones nouvelles (2 zones restreintes seulement), preuve d’une certaine passivité dans la volonté d’un développement économique local, pourtant fondamental pour la création d’emplois sur la commune (en particulier pour nos jeunes) et la rentrée de nouvelles taxes professionnelles.

De même, concernant les projets si souvent reportés des Bormettes, d’Agélonde et de Ginouviers, une fois de plus c’est l’imprécision totale.

Pour les Bormettes, vous ne focalisez votre révision qu’à la seule condition du retour de D.C.N.S. à La Londe. Et si ce n’était pas le cas. Aucun autre projet ne serait possible.
Concernant le site d ‘Agélonde, c’est le flou total et votre P.L.U n’apporte rien de vraiment nouveau.

Concernant Ginouviers, votre projet de réouverture du centre de vacances et du camping a certes l’intérêt de préserver la qualité environnementale du site, mais il n’apparaît pas bien audacieux.

En effet, vu le patrimoine paysagé exceptionnel de ce lieu, la mise en place d’un projet fort, axé sur la valorisation de la flore typique de cet espace collinaire, aurait été souhaitable. À travers par exemple, la réalisation d’un pôle hôtelier et touristique écologique et raisonnable, avec un bâti modéré, identique à la S.H.O.N existante, basé sur une thématique liée aux vertus curatives et de bien-être de nos essences méditerranéennes, pour en faire un centre de notoriété qui valorise l’image de La Londe autour de sa spécificité naturelle particulière et rentre dans une vraie politique de développement d’un tourisme nature.

- Pour ce qui est du développement de l’urbanisation londaise, toute votre proposition se concentre sur une seule zone : l’aménagement de la Cheylanne et du château Vert. Sur cet espace, vous avez décidé de faire disparaitre entièrement cette zone agricole, c’est votre choix.

Peut-être aurait-il été plus judicieux d’un peu moins bétonné cet espace ?

De plus, il est intéressant de faire une analyse de la composition des logements liés à cette zone.
Selon les recommandations du rapport Attali voulu par le Président de la république, les collectivités locales doivent inciter la mise en place de programmes de logements mixtes, composés majoritairement de logements individuels et collectifs résidentiels, puis en moindre proportion de logements sociaux locatifs et de logements sociaux locatifs avec future accession à la propriété.

Malgré le peu d’éléments fournis dans votre dossier, quant à la composition de cette zone, il semblerait qu’une partie de cette mixité soit recherchée. Il est par contre consternant d’apprendre par la rumeur, que votre souhait serait d’imposer aux propriétaires de ces terrains un pourcentage de 60% de logements sociaux. Ceci va à l’encontre de la recherche d’une mixité sociale raisonnée, voulue dans le cadre d’une politique du logement intelligente. N’est-ce pas là un peu trop concentrationnaire ?

De plus, dans le cadre d’une réflexion globale de l’avenir du logement sur La Londe, il eut été judicieux d’appliquer une règle déjà envisagée par d’autres communes aux alentours ; celle qui donne la possibilité d’obtenir un C.O.S plus élevé aux aménageurs d’une zone d’habitations, qui prévoiraient un certain quota de logements sociaux intégrés dans le projet. Cela aurait pour effet d’augmenter l’offre de logements adaptés à des ménages de faibles revenus sans que la ville, par l’intermédiaire de sa société d’économie mixte, ne se prenne si souvent pour un promoteur immobilier.

- Concernant Valcros, je me félicite de votre volonté de geler les dernières zones initialement prévues à l’urbanisation, décision confirmée par la récente décision de justice qui déboute l’aménageur de son recours.
Il faut laisser se terminer les derniers lotissements dans les parties autorisées, et puis cesser. On ne peut pas éternellement développer les constructions dans cette vallée sans nuire à notre équilibre environnemental ; d’autant plus que ces zones sont en risque majeur d’incendie.

L’impact sur notre patrimoine naturel est trop important.


Je constate aussi qu’enfin, des règles de meilleure intégration des constructions au site ont été dictées. Je veux parler en particulier des limites de hauteur d’excavation et de hauteur totale des constructions par rapport au terrain naturel.
Il est aussi intéressant d’observer que les toits terrasses sont autorisés, malheureusement que partiellement.
Il eut été plus logique de les autoriser en totalité, pour permettre une meilleure intégration sur les terrains, avec des maisons qui épousent mieux les courbes de niveau et qui pourront avoir un intérêt architectural contemporain ou écho dynamique.

Toutes ces mesures arrivent un peu tard, mais elles profiteront aux dernières réalisations.

- Sur le plan agricole, il est heureux de constater une préservation de notre patrimoine, avec quelques parcelles que vous revendiquez comme « nouvelles ». Néanmoins, il faut rappeler que ces surfaces agricoles sont en grande partie des zones qui avaient été abusivement déclassées en E.B.C lors des révisions anciennes du P.O.S.

Il s’agit seulement d’un juste retour des choses.

Malheureusement d’une façon trop limitée puisqu’il s’agissait de 400 hectares environ et que seulement 86 ont été retenues.

Sentiment confirmé par la déception des agriculteurs.

- Autre point important de ce P.L.U, l’intégration dans le dossier, du rapport des nuisances sonores fait par la préfecture et son interprétation. Vous, vous contentez Monsieur le Maire, d’inclure dans les zones concernées par ces nuisances (essentiellement le long de la R.N 98), des préconisations de règles de construction (isolation acoustique renforcée…). Mais ceci est insuffisant ! Il s’agit juste d’un constat passif de votre part, sans aucune solution proposée.
Il eut été plus judicieux d’avoir la volonté de réaliser des dispositifs concrets d’atténuation de ces nuisances qui touchent une population londaise importante.

Rien n’a été prévu dans votre projet et c’est navrant !

- Autre point important dans un P.L.U que vous avez survolé, le réseau de communication routière et le stationnement.
En effet, à part un vague schéma d’orientations, rien n’a véritablement été défini pour l’avenir : tracé précis de nouvelles routes, largeur, plus grave encore, pas de sortie ou échangeur à l’entrée Est de la R.N 98 pour accéder à Valcros ou pour éviter aux camions de traverser le centre ville ; Vous, vous contentez d’attendre un hypothétique projet du département !

Ce n’est pas sérieux.

Idem pour le stationnement en cœur de ville, pas de vrai parking de prévu, à part quelques places Bd. Azan. C’est un peu léger.

- En conclusion, même s’il faut reconnaître la qualité du travail effectué par le cabinet Luyton, il est navrant de constater que le projet de P.L.U présenté ce soir, soit un document si frileux dans ses orientations (faible développement économique, politique d’urbanisation uniquement axée sur un seul quartier, aucune cohérence de circulation des divers secteurs de la commune entre eux, aucune prise en compte sérieuse et proposition de mesures efficaces pour résoudre des problèmes majeurs comme la nuisance sonore de la R.N 98 et la traversée du centre ville par des camions et autres engins imposants, absence de véritables parkings en centre ville, aucun plan concret de développement commercial et touristique …).

C’est pourquoi, au nom de mon groupe « LE RENOUVEAU-LA LONDE », je m’abstiendrai quant au vote pour un projet de P.L.U qui demandera des modifications importantes lors de l’enquête publique avant sa mise en application.